Isère Musée Ponsard
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SANS TITRE

LAUBIÈS RENÉ

Type
Estampe
Mesures
50 x 66,5 x 1,5(avec cadre)
N° inventaire
38DCP.PON.002
Salle
SALLE 211
Acheteur / Donateur
GRETA Isère Rhodanienne
Acquisition
12/01/1990

L'œuvre que vous montrez est caractéristique du travail de René Laubies, artiste lié aux courants Lyrique Abstrait et à l'Abstraction post-orientale. Voici une analyse structurée de cette pièce : 📌 Analyse visuelle et plastique Composition : L'œuvre est construite autour d'une succession d’éléments flottants disposés horizontalement. On observe des taches ou bandes vaporeuses de couleurs appliquées avec une gestuelle maîtrisée mais légère. Ces bandes semblent flotter dans un espace vide, quasi immatériel, ce qui est typique de la recherche d’un espace respirant chez Laubies. Couleurs : Bleu-vert clair et gris-violet dominent. La palette est réduite, sobre, créant un climat contemplatif et silencieux. Les couleurs semblent déposées par frottage ou hachures, donnant une texture délicate. Technique : Apparence de pastel ou crayon sec frotté sur un fond neutre. La matière est posée par strates légères, sans surcharge, ce qui renforce l'impression d'éphémère. 📌 Sens et interprétation René Laubies s’inspire souvent de : Paysages mentaux : ces bandes horizontales peuvent évoquer l’horizon, l’eau, le vent ou le ciel. Esthétique extrême-orientale : minimalisme, vide assumé, formes flottantes, allusion à la calligraphie ou à l’encre. Temps suspendu : les formes semblent figées entre apparition et disparition. Ici, l'œuvre exprime un équilibre entre présence et effacement. On est dans une méditation sur l'espace, le temps et la trace. 📌 Contexte René Laubies (1924-2006) a souvent travaillé dans cette tension entre abstraction lyrique et influences asiatiques. Proche de la mouvance de l'Ecole de Paris et du groupe Nuagisme, il a toujours cherché à suggérer plutôt qu’à représenter. 🌫 Lecture poétique et symbolique de l’œuvre Cette œuvre pourrait être lue comme : Un paysage intérieur, où les formes sont des nuées, des souffles ou des traces de souvenirs. Les bandes bleu-vert pourraient évoquer des lacs, des ciels ou des brumes matinales, tandis que les zones gris-violet rappellent des masses nuageuses ou des montagnes lointaines estompées par la brume. L'espace vide blanc-crème n'est pas un vide angoissant, mais un vide plein de silence et de respiration, à la manière du concept zen du "ma" (間), c’est-à-dire l’espace entre les choses, très présent dans l’esthétique japonaise. Il s’agit moins d’une représentation que d’un climat, d’une atmosphère où l’œil et l’esprit peuvent circuler librement. 🎨 Lien avec le Nuagisme René Laubies est souvent rattaché au Nuagisme, mouvement français né dans les années 1950 qui regroupe : René Laubies Frédéric Benrath Jean-Claude Imbert Fernando Lerin, etc. Le mot nuagisme vient du mot nuage, car les artistes du groupe cherchent à peindre des formes flottantes, aériennes, sans contour précis, inspirées de la nature, du cosmos ou du vide oriental. Points communs : Rejet de la géométrie stricte de l’abstraction dure. Valorisation du flottement, du flou, du mouvement suspendu. Éloge du vide, du minimalisme. Couleurs souvent peu saturées, douces, presque estompées. ✨ Conclusion poétique Cette œuvre pourrait se lire comme un moment suspendu, un espace mental où le spectateur est invité à projeter ses propres souvenirs ou émotions. Les formes ne sont ni définies, ni imposées, elles laissent la liberté d'imaginer, de rêver, d'écouter. C’est typiquement ce que René Laubies recherchait : des œuvres qui respirent et nous laissent respirer

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